Côte d’Ivoire

Or : environ 142 tonnes et 4 600 milliards FCFA perdus chaque année, Mamadou Sangafowa Coulibaly préconise une traçabilité mondiale

Mis à jour le 20 avril 2026
Publié le 20/04/2026 à 1:47 , , , ,

À Washington, la Côte d’Ivoire s’est invitée au cœur des discussions sur l’or artisanal. Le 16 avril 2026, Mamadou Sangafowa Coulibaly a pris la parole à la Banque mondiale. Face aux partenaires internationaux, il a présenté la stratégie ivoirienne.

 

La rencontre s’est tenue en marge des réunions de printemps des institutions de Bretton Woods.
Autour de la table, plusieurs acteurs mondiaux du secteur minier ont échangé sur les flux d’or.

Un secteur en forte expansion et difficile à contrôler

Dans le monde, l’exploitation artisanale progresse rapidement. En effet, plus de 80 pays sont concernés.

En Afrique, environ 435 tonnes d’or échappent chaque année aux circuits officiels. Les pertes financières et fiscales sont importantes.

En Côte d’Ivoire, le phénomène prend aussi de l’ampleur. Environ 142 tonnes sortiraient des circuits formels. Le manque à gagner atteint environ 4 600 milliards FCFA.

Une réponse ivoirienne en trois étapes

Face à cette situation, Abidjan structure sa réponse. D’abord, l’État encadre davantage les activités. Il démantèle ensuite les sites illégaux.

Enfin, la formalisation progresse progressivement.

Par ailleurs, les autorités ont déjà fermé plus de 7 000 sites illégaux.

Elles appliquent désormais le Code minier avec davantage de rigueur.

Dans la même dynamique, elles déploient le programme national de lutte contre l’orpaillage illégal.

Vers un secteur mieux organisé

Le ministre insiste sur un changement de logique. L’orpaillage doit sortir de l’informel. Quatre axes guident cette transformation.

Premièrement, la gouvernance est renforcée. Deuxièmement, les communautés locales sont intégrées.

Troisièmement, les acteurs sont mieux structurés. Quatrièmement, la chaîne de valeur est optimisée.

En parallèle, plusieurs outils avancent. Le cadastre minier se digitalise. Et, un comptoir national d’achat est en préparation.

Un marché mondial qui complique le contrôle

Les circuits de l’or dépassent les frontières africaines. Ils relient l’Afrique de l’Ouest à plusieurs grandes places mondiales.

Les Émirats arabes unis, la Suisse et l’Inde figurent parmi les principaux points d’arrivée. Pour Mamadou Sangafowa Coulibaly, une action isolée ne suffit pas.

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Les États doivent coordonner leurs efforts. Le ministre appelle à une traçabilité mondiale plus stricte. L’idée s’inspire du modèle du Processus de Kimberley.

Produits chimiques et chaînes parallèles dans le viseur

Autre sujet sensible, les intrants utilisés sur les sites clandestins. Le mercure et le cyanure circulent encore largement.

Le ministre demande une régulation internationale plus ferme. Ces produits affectent les sols, l’eau et la santé.

Une dynamique régionale et internationale

La Côte d’Ivoire souhaite impliquer plusieurs niveaux d’action. Ainsi, les autorités sollicitent la Banque mondiale. La CEDEAO et l’UEMOA participent également au processus.

Eirena Etté

 

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